Cinéma

Octobre 2026 : 14,66 millions d'entrées, les films « autres » à 16,8 % sur dix mois

Le CNC estime la fréquentation d'octobre à 14,66 millions d'entrées (+17,1 %). Sur dix mois, la part des films ni français ni américains tombe à 16,8 %, contre 32,6 % en 2025.

Le CNC a publié le 3 novembre ses estimations pour le mois d'octobre : 14,66 millions d'entrées en salles, contre 12,52 millions en octobre 2025, soit une hausse de 17,1 %. Après un mois de septembre en léger recul (8,88 millions d'entrées, −7,3 %), les salles retrouvent une croissance à deux chiffres, et le cumul de l'année continue de creuser l'écart avec 2025.

Un cumul à 151,82 millions d'entrées

Sur les dix premiers mois de 2026, la fréquentation atteint 151,82 millions d'entrées, en hausse de 24,8 % par rapport à la même période de 2025 et de 6,0 % par rapport à 2024, selon le bilan du CNC. Sur douze mois glissants (novembre 2025 à octobre 2026), le total s'établit à 186,30 millions d'entrées, en progression de 16,4 %.

Il s'agit d'estimations, susceptibles d'être révisées. Le CNC ne publie pas de parts de marché mensuelles : leur calcul étant moins précis sur un seul mois, elles sont présentées en cumul.

Moins de sorties, beaucoup moins de films américains

Le mois d'octobre 2026 compte quatre semaines de sorties, contre cinq en octobre 2025. 58 films sont sortis pour la première fois en salles (76 un an plus tôt), soit une moyenne inchangée de 15 nouveautés par semaine. La composition de l'offre a en revanche bougé : 32 productions françaises (35 en octobre 2025), mais seulement 6 productions américaines, contre 15 un an plus tôt, comme le relève aussi CB News.

Le haut du classement mensuel est majoritairement français : Ducobu et le fantôme de Saint-Potache (sorti le 7 octobre) prend la première place, devant l'américain Heart of the Beast (sorti le 23 septembre), puis trois titres français, Les Misérables (14 octobre), La Maison de nos rêves (7 octobre) et Notre salut (30 septembre). Le bilan du CNC ne détaille pas les entrées par titre.

Le cinéma « autre » sous pression

C'est le chiffre qui intéresse le plus les distributeurs de cinéma international. Sur dix mois, la part de marché des films français est estimée à 39,9 % (38,1 % un an plus tôt) et celle des films américains à 43,3 % (29,3 %). Les films ni français ni américains tombent à 16,8 %, contre 32,6 % sur la même période de 2025 : leur part est presque divisée par deux.

Le classement d'octobre va dans le même sens. Le premier film européen, le britannique Shaun le mouton : la bêêête d'Halloween (sorti le 21 octobre), n'arrive qu'en 15e position. Le premier film ni européen ni américain, l'australien Leviticus (sorti le 7 octobre), est classé 82e.

Ce que cela change pour la programmation

Pour les exploitants, la hausse du cumul signifie davantage de spectateurs à capter, mais sur un marché où le cinéma américain pèse nettement plus qu'en 2025. Pour les films européens, asiatiques ou latino-américains, l'espace se gagne titre par titre : accompagnement en salle, séances événementielles, travail avec les publics scolaires et associatifs.

C'est aussi tout l'intérêt d'un catalogue disponible hors des fenêtres de sortie. BAC Films propose aux salles des reprises de films d'auteurs internationaux, de « Decision to Leave » de Park Chan-wook à « Leto » de Kirill Serebrennikov, consultables dans le catalogue.

Prochain rendez-vous : le bilan de novembre, que le CNC publie habituellement dans les premiers jours du mois suivant. Il dira si la dynamique d'octobre tient à l'approche des sorties de fin d'année.

Sources