Cinéma

Septembre 2026 : 8,88 millions d'entrées, premier mois en recul de l'année

Après un août record, la fréquentation recule de 7,3 % en septembre selon le CNC. Le cumul sur neuf mois reste en hausse de 25,3 %, mais la part des films non américains et non français s'effondre.

Après un mois d'août historique, la rentrée a ramené les salles à un rythme plus ordinaire. Selon les estimations publiées par le CNC le 6 octobre, les cinémas français ont enregistré 8,88 millions d'entrées en septembre 2026, contre 9,57 millions en septembre 2025, soit un recul de 7,3 %. C'est le premier mois de l'année en baisse sur un an.

Le contraste avec l'été est net : août avait réuni 19,94 millions de spectateurs, le meilleur mois d'août depuis 1980, soit plus du double du volume de septembre. Le CNC rappelle que ses estimations mensuelles sont fiables à 5 % près, une précision qui augmente avec le cumul des mois.

Une année toujours largement au-dessus de 2025

Le recul de septembre ne remet pas en cause la tendance de fond. Sur les neuf premiers mois, la fréquentation atteint 136,80 millions d'entrées, en hausse de 25,3 % par rapport à la même période de 2025 (109,14 millions) et de 7,0 % par rapport à 2024. Sur l'année glissante, d'octobre 2025 à septembre 2026, le total s'établit à 183,81 millions d'entrées, contre 162,89 millions un an plus tôt (+12,8 %).

Le tableau mensuel du CNC montre que tous les mois de janvier à août 2026 ont dépassé leur équivalent de 2025, avec des progressions particulièrement fortes en avril (+34,7 %), mai (+34,6 %) et août (+100,2 %). Septembre interrompt donc une série de huit mois consécutifs de hausse.

Plus de films, moins de films par semaine

Le calendrier de septembre 2026 comptait cinq semaines de sorties, contre quatre l'an dernier. Mécaniquement, le nombre de nouveautés progresse : 67 films sont sortis pour la première fois en salles, contre 62 en septembre 2025. Mais ramené à la semaine, le flux est plus faible : 13 films en moyenne, contre 16 un an plus tôt. Parmi ces sorties figurent 34 films français (38 en septembre 2025) et 8 films américains (5 en 2025).

Pour un distributeur indépendant, ce chiffre compte autant que le volume d'entrées : une semaine moins encombrée laisse en principe davantage d'écrans et de séances aux films qui sortent, à condition que la demande suive. Septembre 2026 rappelle que l'offre ne suffit pas à elle seule à soutenir la fréquentation.

Un classement encore dominé par les titres de l'été

Deux des trois films du podium sont sortis avant la rentrée : Spider-Man : Brand New Day (sorti le 29 juillet) arrive en tête, devant le film allemand Resident Evil (sorti le 16 septembre) et le film français Tombé du ciel (sorti le 12 août). Suivent L'Odyssée, film britannique sorti le 15 juillet, et Heart of the Beast, sorti le 23 septembre. Le premier film ni européen ni américain du classement, le chilien Dégel, n'apparaît qu'à la 48e place. Le communiqué ne détaille pas les entrées par titre.

Sur le cumul des neuf premiers mois, la part de marché des films français est estimée à 37,5 %, contre 35,8 % sur la même période de 2025. Celle des films américains bondit à 47,2 %, contre 30,0 % un an plus tôt, tandis que les films d'autres nationalités reculent à 15,2 % (34,2 % en 2025). Le CNC invite à considérer ces parts de marché avec prudence, mais l'écart traduit un net retour des films américains en 2026, au détriment des cinématographies non américaines et non françaises.

Ce que les distributeurs peuvent en retenir

Trois enseignements se dégagent pour les acteurs de la distribution et de l'exploitation :

  • la baisse de septembre intervient dans une année encore en forte croissance, et ne signale pas à elle seule un retournement ;
  • la longévité des titres d'été en tête du classement montre que les films installés continuent d'occuper les écrans bien après leur sortie ;
  • la contraction de la part des films « autres », passée de 34,2 % à 15,2 % sur neuf mois, est le chiffre le plus préoccupant pour les catalogues de cinéma international et d'auteur, qui doivent trouver leur place dans un marché plus concentré.

Les prochaines estimations mensuelles du CNC diront si la rentrée marque une pause ponctuelle ou un ralentissement plus durable après un été exceptionnel.

Sources