Cinéma

Pratiques cinématographiques 2026 : ce que l'étude du CNC dit aux distributeurs

Publiée le 24 septembre, la 11e étude du CNC sur les spectateurs décrit une sortie plus familiale, plus anticipée et toujours décidée par la bande-annonce en salle.

Pour la onzième année consécutive, le CNC a publié le 24 septembre son étude sur les pratiques cinématographiques des Français. Elle repose sur l'enquête hebdomadaire CinExpert, menée en ligne par l'institut Vertigo pour le CNC, Médiavision et Canal+ Régie auprès de 2 000 spectateurs par semaine. Au-delà des chiffres d'entrées, elle décrit comment le public choisit un film, une salle et une séance. Trois enseignements concernent directement ceux qui sortent et programment des films.

Une sortie plus familiale et plus anticipée

Le cinéma reste une pratique collective : 80,8 % des spectateurs étaient accompagnés lors de leur dernière séance. La sortie en famille atteint son plus haut niveau depuis le lancement de l'étude en 2016, à 33,8 % (+12,5 points sur dix ans, +4,5 points sur un an). La hausse de long terme est portée par les 35-49 ans (+22,2 points depuis 2016). À l'inverse, la sortie en couple (32,3 %) reste 5,8 points sous son niveau de 2019, et la sortie entre amis (14,8 %) a perdu 4,2 points depuis 2016. Les adolescents font exception : 30,7 % des 15-19 ans sont allés au cinéma entre amis lors de leur dernière sortie.

Le public anticipe aussi davantage. 41,7 % des spectateurs réservent leur place à l'avance, soit 6,4 points de plus qu'en 2025, un niveau trois fois supérieur à celui de 2016 selon le CNC. La première motivation est de garantir sa place pour la séance choisie (59,7 %). Et parmi ceux qui réservent, 20,1 % le font plusieurs jours avant (+2,3 points).

Cette anticipation se lit dans le calendrier de fréquentation : 84,5 % des spectateurs voient un film dans les quinze jours qui suivent sa sortie, et 26,5 % dès le premier week-end, un record depuis 2016. Chez les spectateurs assidus, la proportion atteint 40,9 %. Pour un distributeur, la fenêtre de démarrage n'a jamais pesé aussi lourd. Près d'un quart des spectateurs (24,4 %) souhaiteraient pourtant que les films restent plus longtemps à l'affiche, une attente plus marquée chez les seniors (28,8 %) et les assidus (29,1 %).

La salle, premier média de promotion

La bande-annonce vue au cinéma reste la première source d'information qui décide le public à voir un film, citée par 52,6 % des spectateurs, devant Internet (41,2 %) et la télévision (34,2 %). La salle est aussi, pour 80,3 % d'entre eux, le meilleur support pour découvrir un film nouveau, loin devant la télévision (7,9 %) et la vidéo à la demande (3,8 %).

Les réseaux sociaux progressent néanmoins. Ils influencent désormais 30,1 % des spectateurs, leur plus haut niveau (+10,4 points depuis 2016), et 67,9 % du public déclare avoir vu des publications consacrées aux films, une part qui monte à 85,9 % chez les 15-24 ans. Enfin, 42,5 % des spectateurs ont déjà publié un avis sur un film en ligne. La bande-annonce en salle demeure le premier levier, mais le bouche-à-oreille numérique n'est plus un complément marginal.

Film français, version française et animations

Pour le cinéma français, l'étude livre un signal utile : 73,9 % des spectateurs ont vu au moins un film français en douze mois, et près de 95 % d'entre eux en sont satisfaits. En 2026, le synopsis devient la première motivation pour choisir un film français (67,3 %), devant la présence d'acteurs appréciés (53,0 %), qui occupait jusqu'ici la première place. L'histoire compte désormais davantage que le casting dans la décision.

Pour les films étrangers, 71,2 % des spectateurs préfèrent la version française à la version originale, un niveau identique à celui de 2019 (71,1 %). La préférence est plus forte chez les spectateurs occasionnels (81,2 %). Proposer des séances en VF reste donc déterminant pour élargir le public d'un film étranger au-delà des spectateurs assidus.

Dernier point, les animations en salle n'ont jamais aussi bien fonctionné : 37,3 % du public a participé à au moins une avant-première, un débat, un ciné-club ou une rencontre, un record (+7,3 points depuis 2016). Les avant-premières en présence des équipes arrivent en tête. Les assidus (62,6 %) et les jeunes (49,5 %) y sont les plus sensibles. Pour les exploitants comme pour les distributeurs, l'accompagnement d'un film en salle est un levier mesuré, et non un simple supplément.

Ce qu'il faut retenir

  • Un public plus familial, qui réserve à l'avance et se concentre sur les quinze premiers jours d'exploitation.
  • La bande-annonce en salle reste le premier déclencheur, les réseaux sociaux progressent.
  • Le synopsis devient le premier critère de choix d'un film français, et la VF reste majoritaire pour les films étrangers.
  • Les animations en salle atteignent un niveau record de participation.

L'étude complète est disponible sur le site du CNC (PDF).

Sources