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Kaouther Ben Hania au jury de Venise, cinq ans après « L’Homme qui a vendu sa peau »

La cinéaste tunisienne siège au jury de la 83e Mostra, du 2 au 12 septembre. Dans le catalogue BAC, « L’Homme qui a vendu sa peau » redevient un titre à programmer.

Kaouther Ben Hania au jury de Venise, cinq ans après « L’Homme qui a vendu sa peau »

La Biennale de Venise a dévoilé le 22 juin 2026 la composition du jury de la compétition de Venezia 83 : présidé par Maggie Gyllenhaal, il réunit Daniel Blumberg, Francesco Casetti, Xavier Giannoli, Shahrbanoo Sadat, Johnnie To et la cinéaste tunisienne Kaouther Ben Hania. Du 2 au 12 septembre, elle jugera la compétition officielle de la 83e Mostra. Six ans plus tôt, elle montait les marches du Lido avec L’Homme qui a vendu sa peau, aujourd’hui au catalogue BAC Films.

Du Lido à Hollywood, une trajectoire en accéléré

En 2020, L’Homme qui a vendu sa peau est sélectionné à Orizzonti, la section parallèle de la Mostra. Yahya Mahayni y décroche le prix d’interprétation masculine de la section, inscrit au palmarès officiel de la 77e Mostra. Le film raconte l’histoire de Sam Ali, jeune Syrien qui fuit la guerre au Liban et accepte de faire tatouer son dos par un artiste contemporain sulfureux — un visa Schengen à même la peau — pour rejoindre l’Europe et la femme qu’il aime. Monica Bellucci et Koen De Bouw complètent la distribution.

Six mois plus tard, le 15 mars 2021, il devient le premier long métrage tunisien nommé à l’Oscar du meilleur film international. Kaouther Ben Hania est depuis revenue au Lido : La Voix de Hind Rajab y a reçu le Lion d’argent – Grand Prix du jury en 2025, puis une nouvelle nomination à l’Oscar du meilleur film international, annoncée le 22 janvier 2026 — statuette finalement remise à Sentimental Value le 15 mars. Rejoindre le jury de la compétition est, à Venise, la manière la plus nette de consacrer un parcours.

Ce que cela ouvre pour les salles

Un juré n’a pas de film en compétition, mais il occupe le terrain médiatique pendant dix jours : conférences de presse, portraits, entretiens. Pour une salle qui construit sa rentrée, c’est une fenêtre nette — celle où le nom d’une cinéaste redevient identifiable par un public qui n’a pas forcément vu ses films. Les cinémas d’art et essai qui programment un cycle « regards du Sud », un focus sur l’exil ou un rendez-vous mensuel autour des lauréats de festivals ont là un titre lisible, court (100 minutes), et dont le sujet — le corps transformé en marchandise, la frontière comme œuvre d’art — se prête au débat avec un intervenant.

L’angle fonctionne aussi en septembre-octobre, quand la Mostra puis le festival de Deauville saturent les pages culture et que les distributeurs indépendants peinent à exister face aux sorties de rentrée. Reprendre un titre déjà légitimé coûte moins cher qu’imposer un inconnu.

Disponible en DCP, droits salle jusqu’en 2033

L’Homme qui a vendu sa peau est sorti en France le 16 juin 2021. Le film figure au catalogue de BAC Films avec un DCP disponible et des droits salle courant jusqu’au 1er avril 2033 : il peut donc être programmé sans négociation de droits supplémentaire, en séance unique comme en cycle. La fiche complète — synopsis, durée, matériel — est consultable sur la page du film.

La 83e Mostra s’ouvre le 2 septembre. D’ici là, le jury est connu, la sélection est publiée, et un titre du catalogue redevient, sans effort, une proposition d’actualité.

Sources