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« Die My Love » : Lynne Ramsay filme ce que le cinéma évite
Présenté en compétition à Cannes en 2025, sorti en France le 29 avril 2026, le film de Lynne Ramsay avec Jennifer Lawrence demande une programmation accompagnée.
Huit ans après You Were Never Really Here, Lynne Ramsay est revenue en compétition à Cannes en 2025 avec Die My Love, avec Jennifer Lawrence et Robert Pattinson. BAC Films distribue le film en France, où il est sorti le 29 avril 2026.
Un sujet que le cinéma évite
Adapté du roman d'Ariana Harwicz, le film suit Grace (Jennifer Lawrence), qui s'installe avec Jackson (Robert Pattinson) dans une maison isolée de la campagne américaine et se défait après la naissance de leur enfant. Autour d'eux, Sissy Spacek et Nick Nolte, LaKeith Stanfield.
La dépression du post-partum est un sujet dont le cinéma parle peu, et presque jamais frontalement : il suppose de filmer une mère qui n'aime pas l'état où on la met, sans lui trouver d'excuse narrative ni de rédemption finale. Ramsay ne cherche ni l'un ni l'autre. Comme dans We Need to Talk About Kevin, elle travaille par sensations — sons, textures, ellipses — plutôt que par explication psychologique.
Une cinéaste de la sensation
Le scénario est cosigné par Lynne Ramsay, Enda Walsh et Alice Birch — deux dramaturges habitués des formes éclatées. La réalisatrice écossaise a toujours construit ses films sur ce principe : ce qui n'est pas montré pèse autant que ce qui l'est. Il en résulte un cinéma difficile à résumer en bande-annonce, et qui repose entièrement sur l'engagement physique de ses interprètes.
C'est ce qui explique l'accueil de la première cannoise : la projection au Palais s'est achevée sur une longue ovation, saluant d'abord une performance d'actrice. La presse professionnelle a été plus partagée sur l'ensemble, Screen International y voyant un portrait de couple porté par son interprète principale plus qu'un film pleinement maîtrisé.
La sélection 2025 dans laquelle il figurait avait par ailleurs une particularité : Lynne Ramsay y était l'une des sept réalisatrices en compétition, un nombre record pour le festival. Un chiffre qui en dit long sur le point de départ, sept sur une vingtaine de films restant une proportion modeste au regard du nombre de cinéastes qui travaillent aujourd'hui.
Un film à accompagner
Pour une salle, Die My Love appartient à cette catégorie de films qui ne se programment pas comme une sortie ordinaire : le casting attire un public large, la proposition de mise en scène en décourage une partie. L'expérience de terrain sur ce type de titre est constante — la deuxième semaine dépend presque entièrement du bouche-à-oreille et de la manière dont le film a été présenté.
C'est aussi un candidat naturel aux séances accompagnées : projection suivie d'un échange, partenariat avec des structures de santé périnatale, programmation croisée avec un autre film de Ramsay. Les droits salle du film sont actifs au catalogue BAC Films.