SPECIAL CANNES 98

La vie est belle
COMPETITION Une comédie sur la Shoah. Le rire en forme d'exorcisme. Le pari gonflé de Benigni a déjà rencontré un succès phénoménal en Italie. A suivre...

Le 17 mai.
Italie.
De et avec Roberto Benigni.
Et aussi Nicoletta Braschi, Horst Buchholz...
Sortie en septembre.

LE SUJET
Un couple de juifs italiens et leur enfant sont pris dans une rafle. Au moment de monter dans le train qui va les conduire dans un camp, le père a une idée : faire croire à son fiston qu'il s'agit d'un "grand jeu" dont les nazis ne sont que des fonctionnaires chargés de faire "respecter les règles"...

L'ENJEU
Peut-on rire de tout? Peut-on concilier Shoah et comédie? Peut-on utiliser l'humour comme exorcisme face à l'horreur? C'est le pari qu'a fait Benigni, marchant après tout sur les traces de Charlie Chaplin et de son Dictateur...
Pourtant, les politiciens italiens se sont entre-déchirés et la polémique a fait rage lors de la sortie du film dans son pays. Au final, La vie est belle, saluée par la communauté juive de la péninsule, a rassemblé cinq millions de spectateurs et obtenu cinq nominations aux Césars italiens... Un signe pour les futures décisions du Jury?

CE QU'IL FAUT SAVOIR
Le titre - identique à celui du film de Capra - est tiré d'une déclaration de Trotski, enfermé dans un bunker mexicain avant l'assaut des sbires de Staline.

Roberto Benigni
Né en 1952, Roberto Benigni cumule les fonctions d'auteur, acteur, producteur, showman, musicien, clown et poète... Un pedigree qui lui a permis d'être l'interprète de Bertolucci (Berlinguer, La luna), Jarmusch (Down by Law, Mystery Train, Night on Earth), Fellini (La voce della luna), Blake Edwards (Le fils de la panthère rose). Avant La vie est belle, il a réalisé quatre longs métrages : Tu mi turbi (82), Le petit diable (88), Johnny Stecchino (92) et Le monstre (95).