Le tournage de ELLE EST TROP BIEN a commencé le 6 août 1998 pour s’achever huit semaines plus tard. Le film a utilisé des décors situés dans la région de Los Angeles, évoquant la douceur de vivre californienne : les manoirs de Malibu et Bel Air, une petite crique tranquille sur la plage Leo Carrillo, le très contemporain Cerritos Center for Performing Arts et un bout de Melrose Avenue rempli de boutiques. Le lycée Torrance est devenu le lycée Harrison de la fiction et un quartier proche de Redondo Beach a servi de domicile à la famille Boggs, moins aisée.

L’histoire se déroule dans l’élégant quartier de Pacific Palisades à Los Angeles, mais le monde de ELLE EST TROP BIEN pourrait exister dans beaucoup d’autres endroits.
“J’aurais très bien pu aller à ce lycée, dit l’acteur Dulé Hull, qui a grandi sur la côte Est et joue le rôle de Preston, l’ami de Zack. Quand j’ai lu le script, j’avais l’impression de connaître tous les personnages, jusqu’à la fille de première année qui dit ‘Il m’a parlé !’ quand Zack passe devant elle.”
Bien que l’atmosphère de ELLE EST TROP BIEN soit résolument contemporaine, le film reflète les idéaux romantiques classiques de Pygmalion et Cendrillon. “Nous avons tenté de créer une ambiance dans laquelle n’importe qui, âgé de 14, 40 ou 80 ans, puisse se reconnaître, où qu’il vive, explique le réalisateur Robert Iscove. Chacun de nous s’est déjà senti brimé, marginalisé et chacun a eu envie d’être aimé pour lui-même, par delà la façade qu’il présente au reste du monde.”

Rachael Leigh Cook, la première à avoir été choisie pour jouer dans ELLE EST TROP BIEN, a été séduite par l’humour du script : “Il y a une gamme de personnages très divers, très bien différenciés. Même dans la bande de groupies de Taylor, chacun a sa propre histoire.”
Les œuvres de Laney Boggs, des collages, contrastent avec l’humour du film. Laney exprime des opinions très sérieuses et résolues sur la situation du monde, du point de vue d’une fille de 17 ans. Robert Iscove s’est vraiment efforcé de trouver un équilibre entre l’humour et le romantisme : “ELLE EST TROP BIEN est plein d’humour mais aussi de chaleur. Je ne voulais pas que l’humour prenne le pas sur le cœur.”

L’intrigue tourne autour des transformations de Laney et Zack. “Avec Laney, il ne s’agissait pas seulement de métamorphoser le laid en beau, insiste-Robert Iscove, j’ai une fille, et ce n’est pas du tout le message que je voulais faire passer. Laney est un peu en marge, trop habituée à faire le deuil des gens dans sa vie; elle a développé une fausse maturité. Elle doit laisser libre cours à ses émotions et profiter de ses 17 ans.”

“Zack, poursuit Robert Iscove, a compris que la vraie vie dépasse largement le cadre du lycée, mais il ne la connaît pas. Il a si peur de prendre la mauvaise décision qu’il n’en prend aucune. Il doit apprendre que la vie donne toujours une deuxième chance.”
Trouver l’acteur juste pour jouer Zack était un défi. Nous avons choisi Rachael très tôt en sachant que nous tenions une Laney parfaite - quelqu’un d’attachant qui devient absolument superbe à la fin - mais il a fallu rencontrer et faire des essais avec un grand nombre de jeunes gens pour le rôle de Zack, se souvient Robert Iscove. Certains étaient si francs et honnêtes qu’on ne les voyait pas du tout être le petit con du début. D’autres auraient été parfaits pour ça, mais n’avaient pas suffisamment de sensibilité pour faire croire à leur évolution. Freddie Prinze Jr. est très concentré, sensible, et suffisamment jeune pour être sûr de lui dans les premières scènes.”

Distribuer le rôle de Taylor n’a pas été aisé non plus. “Trouver une femme belle à ce point, capable de jouer la comédie, sans endosser les pires travers de Taylor au passage, était difficile, avoue Robert Iscove. Jodi Lyn O’Keefe s’est impliquée à 100% dans son rôle de garce superficielle. Elle détestait faire certaines choses que Taylor fait, parce qu’elle n’est pas du tout comme ça. Mais c’est amusant de jouer les méchants et elle l’a assumé.”
Robert Iscove est aussi très content de Paul Walker. “Paul est parfait dans le rôle de Dean, dit le réalisateur. Il a toutes les qualités d’un chef et lui faire jouer le rôle du traître rend la relation Zack/Dean plus intense.”
Même si les acteurs principaux n’ont pas assisté à leurs propres bals de lycée, ils se sont mis sur leur trente-et-un et ont dansé pendant les cinq jours qu’a duré le tournage des scènes de bal pour ELLE EST TROP BIEN.

C’était mon premier bal, dit Anna Paquin, élève fraîchement émoulue au lycée. Je ne sais pas si un vrai bal aurait été élaboré à ce point, mais en tous cas je me suis bien amusée.”
La séquence a été tournée dans le hall du Cerritos Center for Performing Arts, bâtiment qui servait pour la première fois de décor de cinéma.
“C’est un vaste espace architectural qui donne une grande liberté pour la décoration, explique le directeur artistique, Charles Breen. C’est un lieu chaleureux, avec des lignes nettes, un grand escalier et une utilisation intéressante du verre et du bois. Le directeur de la photographie l’a éclairé avec une lumière chaude pour rehausser le côté romantique.” L’équipe de Charles Breen a travaillé exclusivement en noir, blanc et or, les couleurs du lycée Harrison.
La créatrice des costumes, Denise Wingate, a aussi habillé les acteurs et les 250 figurants exclusivement en noir, blanc et or. Elle a également dû trouver pour les vingt danseurs professionnels des costumes appropriés à un bal d’étudiants et permettant une grande liberté de mouvements.

Il y a un numéro chorégraphié qui tient de la comédie musicale. Zack cherche Laney dans la foule, lorsqu’un gigantesque ballet lui barre la route. Il se rapproche d’elle, mais Taylor s’interpose et l’entraîne en virevoltant. On a l’impression que toute l’école connaît la danse.
Ce ballet n’était pas dans le script original, mais Robert Iscove, ancien danseur et chorégraphe, y a vu une occasion de surprendre avec quelque chose d’inattendu : “Le bal est fantastique, il y a des projections multimédia, un éclairage de concert rock - et Usher (la superstar de R&B) est D. J. C’est alors que je me suis dit, au fond, il ne manque plus qu’un numéro chorégraphié - et pas juste des élèves en train de danser. Nous y avons travaillé et ça fonctionne bien parce que ça fait avancer l’histoire.”

Le passé de danseur de Robert Iscove a influencé tout le film, particulièrement les mouvements de caméra. Il a dirigé lui-même les plans de grue pour saisir les moments où la caméra devait s’élever ou s’abaisser. Il a aussi travaillé en étroite collaboration avec l’opérateur Steadycam, Andy Shuttleworth, pour donner plus d’impact aux numéros de danse et une impression de fluidité aux scènes non musicales. Ils avaient déjà collaboré sur des projets antérieurs, comme “Cinderella”. Le chorégraphe, Adam Shankman, avait aussi travaillé avec Shuttleworth sur Boogie Nights.

“Andy Shuttleworth est la version caméra du danseur, dit Adam Shankman, il apprend les pas et donne au spectateur l’impression d’être à l’intérieur du numéro. La manière dont Robert Iscove travaille avec Andy Shuttleworth accélère énormément le rythme du film.”