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Il y a sept ans, deux producteurs, William Horberg et Tom Sternberg, ont acquis les droits du roman de Patricia Highsmith, "The Talented Mr Ripley (Monsieur Ripley)". Horberg déclare : "J'avais lu le livre il y a plus de quinze ans et il m'avait toujours intrigué. Je pensais qu'il y avait là un sujet formidable : le fantasme d'endosser la vie et la personnalité de quelqu'un d'autre est un thème universel." Lorsque Horberg quitte la Paramount, en 1992, pour devenir producteur aux côtés de Sidney Pollack à Mirage Enterprises, il offre à son nouveau partenaire une copie originale du livre, espérant que celui-ci pourra donner matière à un film que les deux hommes produiraient ensemble.
Les romans de Patricia Highsmith ont souvent été adaptés au cinéma: L'Inconnu du Nord Express d'Alfred Hitchcock, L'Ami Américain de Wim Wenders... Graham Greene avait surnommé Patricia Highsmith "le poète de l'appréhension" et a écrit qu'elle "créait un monde claustrophobe et irrationnel". Selon le New Yorker, les livres d'Highsmith provoquent "un trouble sans pareil".
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Arrivé à Mirage Enterprises, Horberg commença à se renseigner sur les droits de Monsieur Ripley. Le producteur Tom Sternberg était, lui aussi, intéressé par le livre depuis de nombreuses années: "J'ai appris par mes avocats, qui ont également pour client Sydney Pollack, que celui-ci et Bill Horberg s'intéressaient aux droits. De plus, Bill et moi étions amis : nous avons décidé de nous allier tous les trois." Paramount Pictures donna son accord au financement du projet. Il restait maintenant à trouver un auteur. "Sydney et moi étions de grands fans d'Anthony Minghella et avions déjà essayé de lui proposer des projets par le passé, raconte Horberg. Il n'avait jamais rien fait qui ressemble à Monsieur Ripley, nous avons pensé que ça pourrait d'autant plus l'intéresser et nous lui avons envoyé le livre."
A cette époque, Minghella était sur le point de réaliser Le Patient Anglais, dont il avait écrit le scénario d'après le roman de Michael Ondaatje. "Ralph Fiennes devait interpréter le rôle principal, mais, comme il était sur scène dans une importante production d'Hamlet très acclamée à Broadway, nous avions retardé de six mois le début du tournage. Lorsque j'ai reçu la proposition d'adapter Monsieur Ripley, j'ai lu le roman et je me suis dit: J'aime cette histoire, j'aime ce personnage. Et, comme j'en avais le temps, j'ai décidé d'écrire le scénario." |
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Un rendez-vous fut très vite organisé entre Minghella et les producteurs. Minghella exposa son point de vue: ce qui l'attirait par dessus tout était le thème de l'usurpation d'identité. Les producteurs furent entousiastes : il était évident que tous étaient d'accord et avançaient dans la même direction. Minghella écrivit une première version du scénario, puis partit tourner Le Patient Anglais. Le film reçut, en 1996, neuf Oscars, dont celui du meilleur film et celui du meilleur réalisateur pour Anthony Minghella.
Quelques temps après, Minghella se remit au travail sur l'adaptation de Monsieur Ripley: "Ecrire une adaptation cinématographique revient à s'approprier violemment la matière littéraire. Le scénariste doit réinventer le roman. En travaillant à mon scénario, j'ai essayé de trouver une façon d'humaniser Ripley, afin que les spectateurs puissent adhérer à ses décisions ainsi qu'aux accidents, catastrophes et autres heureux hasards qui se présentent à lui tout au long de son voyage en Italie. En dehors de Ripley, les autres personnages du livre sont très monolithiques et assez plats, ils forment une espèce de choeur. Il fallait donc que je leur donne de l'épaisseur pour qu'ils aient leur existence propre." Minghella a opéré plusieurs changements par rapport au roman. Par exemple, dans celui-ci, Dickie Greenleaf est un peintre amateur: Minghella, musicien lui-même et grand amoureux de la musique, décida d'en faire un saxophoniste de jazz, tandis que Ripley, lui, joue du piano classique. |