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Un film baptisé Le Talentueux Mr Ripley devait de célébrer les talents de Tom Ripley. Si cet homme est à la fois béni et maudit, c'est par ce don de la versatilité: il peut imiter la voix d'un autre, avec tout ce que cela requiert d'attention, d'écoute et d'oreille. C'est en réalisant cela que l'idée de la musique s'est imposée à moi pour remplacer celle, plus littéraire, de la peinture.
C'est ainsi que le scénario est devenu une sorte de partition, dans laquelle les relations entre les êtres revêtent des interprétations musicales: j'ai opposé le jazz de Dickie, ses envols de liberté et d'existentialisme, au classicisme formel de Ripley. Ce faisant, tout comme en musique où les grandes improvisations commencent avec Bach et Mozart, j'ai fait de Ripley le plus authentique des improvisateurs.
Dickie, finalement, est celui des deux qui est le plus conservateur d''un point de vue émotionnel et son comportement est plus conventionnel. Sa rébellion est juste un passage, une phase de "sauvagerie" avant son installation dans des schémas classiques (mariage, reprise de l'entreprise familiale ... etc). Ripley, lui, est beaucoup plus imprévisible et authentiquement sauvage. En cela, ironiquement, il est bien plus proche que ne l'est Dickie du grisant chaos émanant d'un solo de Charlie "Bird" Parker ou des méditations brûlantes de Coltrane.
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