LE SCÉNARISTE - L'ÉQUIPE DU FILM

Présentez nous vos deux coscénaristes : John Brownjohn, dont on a déjà vu le nom aux génériques de trois de vos films, et Enrique Urbizu...

Plusieurs scénaristes avaient tenté d'adapter "Le Club Dumas", mais c'est l'approche d'Enrique Urbizu qui m'a donné envie de faire ce film. Son scénario m'a intrigué, j'ai vu qu'il renfermait un excellent matériau. En lisant le roman, j'ai compris les choix d'Urbizu, et j'ai vu qu'il avait eu raison d'écarter l'intrigue Dumas. Par la suite, j'ai travaillé exclusivement avec John Brownjohn.
John Brownjohn est un traductuer littéraire réputé, qui a traduit en anglais de nombreux ouvrages français et allemands. C'est la sa principale activité. Nous avons commencé à travailler ensemble sur TESS et avons poursuivi avec PIRATES et LUNES DE FIEL. J'ai rarement connu une collaboration plus plaisante et plus fructueuse.

Parlons du brillant apport de Dean Tavoularis. On est frappé dès la première scène par la richesse du décor…

Je connais Dean Tavoularis depuis près de trente ans, mais nous n’avions jamais collaboré. La bibliothèque de Telfer, l’antre de Balkan…la plupart de ces décors ont été fabriqués en studio, mais ils sont d’une telle authenticité qu’on croit y respirer l’odeur des vieux livres. Dean n’est pas seulement un grand artiste et un chef décorateur passionné, mais un homme exquis, drôle, chaleureux. C’est un privilège de connaître quelqu’un de cette qualité.

En fonction de quel film avez-vous choisi Darius Khondji ?

Tous ses films sont brillants. J’aime sa lumière, stylisée et pourtant réaliste. Dans LA NEUVIÈME PORTE, on est constamment à la lisière du fantastique, et lorsqu’on bascule dans le surnaturel, c’est sans effort ni artifice. Darius Khondji se prépare très minutieusement. De tous les directeurs photo que je connais, c’est celui qui travaille le plus en amont. Cela nous a permis de déterminer pratiquement toutes les ambiances dès les repérages.

C’est la deuxième fois que vous travaillez avec Wojciech Kilar, qui a signé une musique à la fois mystique et angoissante, une véritable invocation à l’au-delà...

Kilar a été l’un des premiers à lire le scénario. Il était fou de ce projet dès le départ. C’était totalement dans son registre. Il a composé et orchestré la musique en quelques semaines et a choisi Prague pour l’enregistrer avec les soixante-dix musiciens de l’Orchestre Philharmonique et la soprano Sumi Jo.