...LES AUTRES ACTEURS

Lena Olin est physiquement très différente du personnage qu’avait conçu Arturo Perez-Reverte et qui évoquait à Corso Lana Turner dans la version MGM des TROIS MOUSQUETAIRES…

Dans le livre, c’était une blonde voluptueuse, une vamp hollywoodienne. Je me suis d’abord engagé dans cette voie, mais je me suis dit qu’une femme qui dirige une secte satanique devait être un peu plus sophistiquée. D’où le choix d’une actrice à la fois cérébrale, sensuelle, capable de grands élans de violence.

Et Frank Langella ?

J’imaginais vaguement Boris Balkan sous les traits de Sydney Greenstreet dans LE FAUCON MALTAIS. Avant de commencer le casting, j’ai vu Frank dans LOLITA, où je l’ai trouvé épatant. J’ai pensé qu’il serait parfait dans ce rôle. Il a une forte présence vocale, un timbre très expressif et particulièrement inquiétant dans les nombreuses conversations téléphoniques qu’il a avec Corso.

Tous les personnages de LA NEUVIÈME PORTE sont chargés de réminiscences livresques. Corso tient le rôle classique du Privé, Balkan celui du Méchant. Liana est la Furie, et plus tard la Fille prendra l’allure d’un ange gardien. D’où le sentiment d’irréalité, un effet de décalage très savoureux…

Corso passe son temps à rencontrer des archétypes surgis de notre mémoire littéraire. Tous ces personnages sont un peu loufoques et obsédés. Les hommes sont particulièrement desséchés et dévitalisés. Prisonniers de leur passion pour les livres - Perez-Reverte les qualifie de “bibliopathes” ! -, ils sont infirmes, paralysés, à bout de course et promis pour la plupart à une mort horrible : pendaison, suicide, noyade, immolation par les flammes... Côté femmes, la baronne Kessler, manchote et paralytique, n’est guère mieux lotie. Reste les deux figures antithétiques de Liana et la Fille, qui forment un contraste intéressant avec leurs partenaires, en raison de leur dynamisme et de leur intensité.