Nous avons parlé du choix des comédiens, mais le choix des techniciens a-t-il lui aussi eu son importance ?

Oui, énormément. Ce sont les qualités humaines des techniciens qui ont rendu ce film possible Nous étions environ une vingtaine, en permanence, sur le tournage. Ils ont su être forts dans leur tête et donc dans leurs corps, pour supporter des conditions très dures. Chacun avait ses problèmes et ses difficultés, mais nous n'en parlions pas trop. L'équipe a été, humainement et professionnellement, exceptionnelle.

 

  On en revient donc toujours à cette réalité : ce film est avant tout une aventure humaine ?

Effectivement, c'est un tournage qui nous a tous fait beaucoup réfléchir : qu'est-ce qui fait que quelqu'un est solide ou pas, que telle action a plus d'importance, par rapport à une autre ; nous avons été conduits à reconsidérer nos critères de jugement, à relativiser nos soucis quotidiens, en partageant la vie des Dolpo-pa qui mènent une lutte de tous les instants, sans aucune reconnaissance (comme celle que nous, nous espérons recueillir d'un travail bien fait !) mais simplement pour vivre !

Ce film a été pour tous, un don de soi.
Pour Jacques Perrin, qui s'est lancé dans ce pari énorme : tourner avec des acteurs non-professionnels, et un réalisateur qui n'avait jamais fait de fiction !

Pour Éric Valli, qui a travaillé énormément : l'écriture cinématographique, la direction d'acteurs, cela ne s'invente pas du jour au lendemain…
Pour toute l'équipe enfin, acteurs et techniciens, Français et Dolpo-pa, car au bout de trois semaines de cette vie, là-haut, même le salaire et l'aventure ne sont pas des motivations suffisantes, pour continuer, pour supporter les difficultés.

Tous, ont fait abstraction d'eux-mêmes. Tous ont cru au projet et se sont donnés à corps perdu.

Propos recueillis par Pascale Dusz (Opixido) pour Bac Films.
 
 
 

 
 
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