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Nous sommes à Londres en 1881.
On voit des plans de rues désertes dans le silence : une
rue large et basse donne sur la Tamise. Au loin, une sorte de plage
sale, des chantiers navals... Quelques mouettes.
Puis on entend :
LE NARRATEUR (voix-off )
“Esther Kahn était née dans une de ces rues sombres,
malodorantes, aux étranges recoins, qu'on trouve aux abords
des docks. C'était une rue tranquille qui semblait ne mener
nulle part, mais rester en marge pour quelque motif à elle,
pas tout à fait honnête. Il y avait peu de passants
; jamais beaucoup d'enfants ne jouaient sur la chaussée...
Les portes s'ouvraient et se refermaient doucement."
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Sur
le début de la nouvelle de Symons, des façades en
contre-plongée se silhouettent sur fond de ciel. Puis une
autre rue vide, sombre et étroite. Des recoins où
le linge sèche malgré le ciel gris. Un petit groupe
d'hommes en noir passe en courant ; chacun porte un paquet sous
le bras, qui des boîtes à chapeau, qui une pile de
robes, un troisième des coupons de tissus. Ailleurs trois
filles qui jouent : une corde est attachée à un lampadaire,
formant une balançoire minimale. Les filles s'agrippent à
la corde et se lancent, la corde s'enroule autour du poteau. On
voit des portes entr' ouvertes qu'on ferme l'une après l'autre,
comme à notre approche... Un lent travelling sur des fenêtres.
Puis, une fenêtre aux volets cloués. Inserts sur les
volets cloués et bardés de fil de fer. Très
gros plans sur les clous...
La scène se termine sur la fin de la voix-off.
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