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Londres
à la fin du XIXème siècle. Esther Kahn vit
dans le East End. Ses parents sont émigrants juifs.Tous travaillent
dans l'atelier de couture familial. Esther est lente et bornée,
elle n'a d'avis sur rien, elle n'a de sentiment pour personne :
Esther est une pierre. C'est un jour au théâtre qu'Esther
se "réveille" et s'anime : parce qu'elle ne regarde
pas les pièces comme les autres, elle les vit. Esther décide
de devenir actrice. Commence alors son apprentissage du théâtre
et de la vie qui l'amènera un soir à ressentir d'un
seul coup, sur scène, vingt ans de vie jusqu'alors étouffée.
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Quatrième
film d'Arnaud Desplechin après La vie des morts, La
sentinelle et Comment je me suis disputé (ma vie sexuelle),
Esther Kahn n'est pas, à la différence
des précédents un scénario original mais une
une adaptation, tirée d’une nouvelle d'Arthur Symons, auteur
anglais du siècle dernier, aujourd'hui oublié par
les histoires de la littérature. Mais la distinction n'est
pas fondamentale pour le réalisateur, qui préfére
au terme d' adaptation celui d' interprétation :
"J'ai toujours eu cette idée que mon travail de mise
en scène, c'était de l'interprétation. (...)
Que j'aie écrit le texte original ou non, je le lis, je le
croise avec d'autres textes, d'autres films, avec la matière
vive du film, les lieux où nous tournons, les acteurs ;
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et j'essaie de trouver des interprétations, évidentes
ou un peu savantes, amusantes, peu importe".
Esther Kahn, qui a nécessité plus de ans de travail,
dont pour le scénario et six mois de tournage, est la somme
de tous ces croisements, de toutes ces interprétations, dont
certaines n'ont laissé que peu de traces à l'écran
alors que d'autres ont pris une importance parfois inattendue.
Une oeuvre foisonnante aux multiples perspectives, dont il est intéressant
d'essayer de démêler les fils en accomplissant avec
l’auteur le parcours en quelque sorte inverse à celui qui
a présidé à sa création.
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