JOURNAL D'ANNE FRANK, LE LIVRE

"Serai-je jamais capable d'écrire quelque chose de grand ?"
Journal d'Anne Frank - 5 avril 1944

Un succès planétaire

Très rares sont les ouvrages qui peuvent se targuer d'avoir été vendus, au cours du seul XXe siècle, à plus de vingt millions d'exemplaires dans le monde. Le Journal d'Anne Frank (vingt-cinq millions) est de ceux-là, dont le succès est comparable à celui de la Bible…

L'immense succès rencontré par les quelque cinquante-cinq traductions publiées à ce jour ne saurait occulter les débuts difficiles du Journal.
Lorsqu'il décide - après en avoir pris connaissance en 1945 puis avoir travaillé à sa mise en forme - de publier le Journal de sa fille, Otto Frank se heurte en effet très vite au peu d'enthousiasme des éditeurs. Si les proches auxquels il a en lu - ou faire lire - des extraits ont aussitôt manifesté leur intérêt et leur émotion, les maisons d'édition contactées opposent pour leur part un refus poli.
Le déclic va se produire avec la publication (avril 1946) d'un article titré "Une voix d'enfant". Le texte est signé de l'historien Jan Romein, qui a eu connaissance du Journal grâce à un ami d'Otto Frank : "Ce journal apparemment anodin, ce De Profundis balbutié d'une voix enfantine, écrit-il dans le "Het Parool", incarne toute l'horreur du fascisme (…) Cette petite fille serait devenue un écrivain de talent si elle était restée en vie."*
En 1947, le Journal est publié en Hollande à 1 500 exemplaires, par les éditions Contact. En 1950, il sort en France et en Allemagne. Refusé par plusieurs éditeurs anglais, il paraît finalement Outre-manche en 1952. La même année, il sort aux États-Unis puis au Japon où les 100 000 exemplaires sont bientôt atteints…
Le succès ira croissant, amenant peu à peu Otto Frank à consacrer l'essentiel de sa vie à la mémoire de sa fille.
Fin 1955, une adaptation théâtrale du livre est donnée à New-York ; la pièce obtient plusieurs distinctions prestigieuses. Elle sera ensuite présentée avec succès partout en Europe, hissant le Journal au rang de best-seller.
En 1957, Hollywood s'intéresse au phénomène. La Twentieth Century Fox confie à George Stevens la réalisation du "Diary of Anne Frank". Le film obtient l'oscar du meilleur film en noir et blanc.
Depuis lors, et dans le monde entier, le succès du Journal ne s'est jamais démenti. "Je ne veux pas, comme la plupart des gens, avoir vécu pour rien (…) je veux continuer à vivre, même après ma mort…" écrivait Anne le 5 avril 1944.
Par-delà la mort et le temps, ses millions de lecteurs ont exaucé son vœux…

* Cité dans l'ouvrage de Carol Ann Lee "Anne Frank, les secrets d'une vie" - Traduction française aux Éditions Robert Laffont - 1999.

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